19 mars 2015

Tribunes libres : une honte pour le français !

http://notrevesinet.com/pdf/tribune.pdf
Parcourir dans la dernière livraison du Magazine les tribunes libres rédigées par des conseillers municipaux laisse amer. Dans quel arrière-pays somme-t-on  où l'on cause un sabir aussi éloigné de la langue écrite que du langage parlé ? Pour deux des contributions, les signataires affichent leur mépris des lecteurs. Sans même parler de BTS, ont-ils eu leur certif ?

La palme revient au roi de l’épuisette, le porte-serviette de Gugusse. Espérons le plus à l’aise avec sa canne qu’avec une plume. Le « plemum » mot dont le sens échappe à la vulgate vésigondine interpelle dès la première ligne. Dans cette demi page (troisième en cliquant sur l'image) c’est un feu d’artifices : solécismes et barbarismes se succèdent harmonieusement. Certitude au masculin, mots manquants,  expressions déformées, auxiliaire devenu préposition. Inutile dès lors de chercher du sens. Pas même relu : zéro pointé.

Guère mieux chez le quatuor d’aigris qui succéda au Cosmique. Nul ne sait à qui s’adresse son épître : au maire, à ses administrés, à Dieu le père ? Rédigé à la troisième personne en abusant du « on », puis à la première usant du  « nous » censé désigner le quarteron d’opposants, elle se conclue par un « vous ». Quant au fond il est fidèle au style : pontifiant. Une telle copie disqualifie ses auteurs pour le bac de français.

A gauche : le style est affligeant. Le budget présenté aux votes est critiquable certes, encore faut-il justifier de sa consternation. Et là pèle mêle sont regroupés tous les griefs dans une liste à la Prévert, sans relation avec le budget. Bien malin qui comprend l’exergue mis sur les espaces verts. Ultime paragraphe, et l’attention se relâche. Un « auront nous » mal à propos évite d’attribuer un sans faute !

La tartine de la majorité est-elle aussi une insulte au français ? 
Si la grammaire y est respectée le style lourdingue emprunte à la logorrhée partisane, bien loin du français coulant. Mais c’est la tribune du groupe PS qui met le doigt là où ça fait mal : le groupe majoritaire répond dans son papier aux propos tenus sur la même page par ses opposants, rompant le principe d’égalité ... .

et donnant raison au vieil adage qui stipule qu’en démocratie « on est tous égaux », mais que certains sont plus égaux que d’autres. 

1 commentaire:

  1. Ce billet est à marquer d'une pierre blanche. 48 h après sa parution, il n'a suscité aucun commentaire, seuls 4 lecteurs l'ont jugé "inutile", sans doute quelques uns des auteurs des tribunes épinglées ci dessus.
    On se perd en conjectures sur les raisons de la mansuétude des internautes prompts d'habitude à moquer leurs élus. D'autant que les textes soumis à leur réflexion sont d'une affligeante platitude : il y aurait tant de choses à dire quand on est dans l'opposition. Encore faudrait-il que les oppositions s'intéressent aux affaires, suivent les dossiers, offrent des alternatives.

    Depuis un an, rien de tout cela. Tout juste un moment savoureux offert au Conseil municipal par l'éructation d'un Diafoirus tétanisé par les ... abeilles !

    M No peut continuer tranquillou son petit bonhomme de chemin, rien à craindre du coté de l'opposition.
    Serait-ce du coté de ses troupes que surviendra la surprise ?

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