7 avril 2015

Les cabotins

Émasculé  ou tétanisé ? Le choix est peu glorieux pour ce « grand commis de l’état » - énarque, promo Voltaire, s’il vous plait - (à droite sur la photo) qui a donné ce week-end le pitoyable spectacle d’un cabotin incapable de tenir le rôle que lui imposait sa prestigieuse fonction.
 
La valse hésitation aura duré une petite semaine où l’on a attendu en vain un coup de sang du président de la RATP. Une montée au créneau pour désavouer sur tous les plateaux le lampiste qui dans son organisation avait commis la bévue dont nul ensuite ne se serait plus souvenu.

Censurer une affiche, ce n’est pas la première fois que la régie publicitaire de la RATP le fait à contre temps, mais cette fois c’était trop voyant pour échapper à son président.

Seulement l’homme est un pro des cabinets quel qu’en soit la couleur, habitué à louvoyer, à ramper, à glisser sous terre comme les rames de ses trains. Quand il faut se redresser il est tétanisé. Ingurgiter des couleuvres ne fabrique pas des vertébrés. S’il faut prendre des risques, manifester un caractère bien trempé, il semble comme émasculé. 

Placarder le mot « chrétien » sur une affiche quand on a été reconduit par un gouvernement qui fait de la laïcité l’alpha et l’oméga de son catéchisme républicain, il ne faut pas exagérer ! Çà serait sûrement mal vu en haut lieu, fustigé par les syndicats …  un truc à vous placardiser. 

Et puisqu’au sommet de l’État, à gauche comme à droite, on ne dit rien, pourquoi risquer de se mettre à dos l’establishment ? Dans un communiqué grotesque on va conjuguer laïcité et lâcheté. Manque de bol, en haut lieu avec beaucoup de retard à l’allumage les leaders politiques ont tranché et se sont soudain «offusqués, indignés, révoltés» d’une censure lors d’un week-end pascal où cette communauté était de surcroît la cible de massacres à répétition. Le cabotin pris a contre pieds prend les siens dans le tapis et plus personne pour voler au secours du sinistré, happé par la rame à contre courant.

Exit le Mongin ? Peu importe il serait remplacé par un alter ego, comme ce président d’une société nationale qui n’a pas songé démissionner malgré les accidents mortels à répétition sur son réseau ferré. "Il n’a pas démérité" ainsi en avait-t-il lui même jugé. Comme ce premier ministre désavoué par les urnes et qui reste aux commandes pour "terminer le travail entrepris" (sic)… Comme ce Président dont 4 français sur 5 considèrent qu’il n’est pas à sa place et qui confirme qu’il n’envisage pas de renoncer. Mandat commencé dans la frivolité,  qu'il poursuit - cerné de chrysanthèmes - dans une morbide futilité  !

Cabotinage au plus haut, cabotinage tout au long de l’échelle selon le mécanisme du mimétisme descendant. « Si mon chef en avait je ferais comme si c’était mon cas … mais puisqu’il n’est responsable de rien, pourquoi devrais-je assumer ? » 

Ainsi a-t-on glissé dans l’irresponsabilité collective qui gangrène la fonction publique. Longue vie aux cabotins.  






2 commentaires:

  1. Cette affaire a quand même du bon.
    Elle a obligé les chaines d'infos à cacher un peu ce qui commence à friser l'indécence : à savoir la commémorationniste aigue de notre président Hollande qui ne survit à la tété que pour cela et qui était encore en déplacement ce Weekend .
    D'ailleurs Cantelou sur Europe 1 devrait le substituer à Frederic Mitterand dans "obseque rapido"

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  2. On n'est pas sorti de l'auberge car avec ses prochaines nouvelles fonctions chez GDF SUEZ, on n'a pas fini d'avoir de l'eau dans le gaz !
    Mais, irresponsable et non coupable, telle est la devise de ces hauts fonctionnaires.

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